La Favorite

Déboussolant, déconcertant, déroutant. Je vais vous raconter comment je me suis retrouvée à passer mon dimanche après-midi assise entre deux mamies devant un film des plus gênants !

 

Pour faire simple, j’avais deux tickets de cinéma à faire sauter avant fin février. J’ai profité de mon dimanche pour les utiliser. A la base, je voulais aller voir le film Les invisibles. Mais il ne passait plus dans mon cinéma et je n’avais pas du tout envie d’aller au bout du monde pour le voir (comprendre par là : traverser la Seine et aller dans le 15 ème). J’ai hésité entre deux autres films : Colette – mais un peu gnagnan autant regarder Mémoires de Jeunesse – et Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu 2. La grasse matinée aura tranché pour moi et je me suis retrouvée devant la caisse du cinéma “ Euh qu’est ce qui passe à 14h siouplait?”.

 

Me voici arrivée dans la séance pour la Favorite. J’avais vu les affiches dans le métro, l’air bougon d’Emma Stone m’avait plû et je m’apprêtais à voir une comédie British pour jeunes filles. Mauvaise pioche, la salle est remplie de “vieux”, comme l’ont gentiment fait remarquer les gens sur Twitter. Cerise sur le gâteau : une octogénaire commence à hurler sur un monsieur qu’elle ne va pas changer de places même si ce n’est pas le bon numéro, qu’elle est trop petite, qu’elle voit rien, qu’elle savait pas qu’il y avait des numéros, qu’elle veut toujours pas échanger sa place et qu’elle ne sait plus son numéro initial. Le trentenaire capitule, il s’installe n’importe où. Elle corrige chaque personne qui rentre dans la salle et qui cherche son numéro : “ Mais on s’en fout des numéros ! Mettez-vous où vous voulez, premier arrivé, premier servi”. Ça promet. Ma voisine se met la tête dans la main et souffle. Pourvu que le film ne soit pas aussi lourd.


Début du XVIIIème siècle. L’Angleterre et la France sont en guerre. Toutefois, à la cour, la mode est aux courses de canards et à la dégustation d’ananas. La reine Anne, à la santé fragile et au caractère instable, occupe le trône tandis que son amie Lady Sarah gouverne le pays à sa place. Lorsqu’une nouvelle servante, Abigail Hill, arrive à la cour, Lady Sarah la prend sous son aile, pensant qu’elle pourrait être une alliée. Abigail va y voir l’opportunité de renouer avec ses racines aristocratiques. Alors que les enjeux politiques de la guerre absorbent Sarah, Abigail quant à elle parvient à gagner la confiance de la reine et devient sa nouvelle confidente. Cette amitié naissante donne à la jeune femme l’occasion de satisfaire ses ambitions, et elle ne laissera ni homme, ni femme, ni politique, ni même un lapin se mettre en travers de son chemin.


En lisant le synopsis, je m’attendais à un petit film rigolo avec un humour British, rien de plus banal. Pour l’humour, j’ai ri, bien ri. De l’humour British et de l’absurde à n’en plus finir. Aux courses de canard entre gens bien perruqués jusqu’à cette longue scène où un homme bedonnant court entièrement nu entre deux paravents XVIIIe. Il a la merveilleuse capacité de courir en secouant sa perruque rose bonbon tout en se tenant le pénis pour éviter des tirs d’oranges. Oui oui, je ne déconne pas. Il fallait y penser à cette scène qui n’apporte absolument rien à l’histoire. C’est pour vous situer le contexte. Le réalisateur ne vous épargnera pas non plus les scènes de boulimie et de vomi, caca, flap flap sexuels et autres sons plus que douteux. Oubliez les pop-corns vous n’aurez plus faim.

 

La Favorite : un film qui va vous faire sortir des sentiers battus

 

Nous ne parlerons pas de quelques scènes de sexe… qui m’ont bien mise mal à l’aise. Visiblement je n’étais pas la seule car plusieurs de mes voisins ont commencé à tousser et à parler pour masquer leur gêne. Et ça a fait “ Chuuuuuut.” de tous les coins.

Puis arrivent les scènes avec une reine d’Angleterre digne d’Alice au Pays des Merveilles. Merveilleuse, grotesque, touchante. Des punchlines qui marquent “ Je l’aime car j’aime quand sa langue est en moi”. Fond de musique classique, petits violons, hurlements, cynisme et fin. Ce film ne s’invente pas, il faut le voir pour le croire.

Conclusion

Je crois qu’après le choc psychologique passé, je dirai que ce film était génial !  J’ai bien aimé le fait qu’il ne soit composé que de femmes avec des personnalités très fortes. Disons que ça change de Downton Abbey et Pride and Prejudice. J’ai envie de le regarder une seconde fois pour faire encore plus attention aux  détails, notamment aux plans et aux prises de vue qui écrasent les personnages dans des décors. Je comprends pourquoi il a eu autant de nominations aux oscars, aux BAFTA, Golden Globes, Bristish Academy & cie. J’ai même envie de regarder d’autres films de ce réalisateur dont The Lobster.

 

Et vous l’avez vous vu?

Qu’en avez-vous pensé?

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Chef de projet digital et étudiante en histoire de l’art. Depuis deux ans, je suis les cours du Louvre le soir. Cette année je me (re) lance dans une licence d’histoire de l’art par correspondance. Organisation, méthodologies, peintures, expositions, musées, séries, films historiques et bien plus encore. Je vous raconte tout sur mon blog !

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